Projet Montréal et la démocratie municipale

Présentation

Montréal est l’une des rares villes québécoises et canadiennes à avoir des partis politiques municipaux. Mais peu de partis montréalais ont partagé les attributs habituels d’un parti politique typique – congrès, débats d’orientation, associations locales, assemblées d’investiture et participation des membres dans la sélection du chef et des candidats. Plus souvent qu’autrement, il ne s’agit que de véhicules commodes pour prendre et conserver le pouvoir : des candidats regroupés autour d’un candidat vedette (ou au moins connu) à la mairie, unis surtout par le désir d’obtenir un siège au conseil municipal et de jouir du salaire et du prestige qui l’accompagnent.

Projet Montréal est l’exception. Un parti qui, même s’il a été grandement créé par un seul homme, a toujours été un parti profondément démocratique et progressiste. Un parti qui, contre les attentes de plusieurs, a réussi à ne pas simplement survivre mais à prendre le pouvoir, d’abord dans certains arrondissements et finalement, en 2017, à l’Hôtel de Ville. Mais est-ce-que Projet Montréal – au pouvoir ou pas – va être en mesure de rester fidèle à ses origines?

N.B. : Comme ce cours se donne dans un bar, on est malheureusement obligé de demander le passeport sanitaire à l’entrée.

Professeur-e(s)

Daniel SangerDaniel Sanger est journaliste de longue date à Montréal. Il a été un co-fondateur de l’hebdo alternatif The Montreal Mirror, pour ensuite travailler comme journaliste dans des quotidiens (The Gazette, The Candiadian Press), magazines (The Economist, Walrus, Saturday Night, l’Actualité) et livres. En 2010 il a pris une pause de deux ans pour travailler avec Luc Ferrandez et Projet Montréal sur le Plateau, une aventure qui aura fini par durer neuf ans. Il vient de publier « Sauver la ville. Projet Montréal et le défi de transformer une métropole moderne » aux éditions Écosociété.

Plan de session

Brasserie artisanale Les Sans-Taverne, 1900 Rue le Ber, Montréal, QC

oct. 13

Les débuts du parti et les difficultés des premières années

mercredi, 19h, Brasserie artisanale Les Sans-Taverne

La première séance portera sur la fondation de Projet Montréal et ses similarités et différences avec l’autre ‘vrai’ parti municipal qui a existé à Montréal, le RCM (Rassemblement des citoyens et citoyennes de Montréal). On verra comment la fixation sur le tramway a à la fois aidé et ralenti la croissance du parti dans ses premières années ainsi que comment le système d’arrondissements, instauré lors des fusions municipales en 2001, a permis au parti de mieux s’enraciner. On discutera aussi des courants de pensée qui ont souvent divisé le parti : les interventions dramatiques et rapides ou plus graduelles en consultation avec la population; les méga-projets ‘structurants’ comme le tramway et l’Entrée maritime ou les changements ‘coin-de-rue par coin-de-rue’; rester ‘radical’ or adopter des positions plus centristes pour mieux se faire élire (et ré-élire) à l’extérieur du Plateau; etc.


oct. 27

Les défis du pouvoir

mercredi, 19h, Brasserie artisanale Les Sans-Taverne

La deuxième séance portera sur l’expérience Projet Montréal dans divers arrondissements, principalement le Plateau-Mont-Royal, et les défis à implanter les changements et transformer la ville. Ce n’est pas une question d’arriver au pouvoir et donner des ordres; c’est plutôt une négociation délicate avec des fonctionnaires souvent très méfiants par rapport aux changements. On discutera aussi de la campagne de leadership qui a amené Valérie Plante à la tête du parti et, un an après, de l’élection qui l’a porté au pouvoir. On fera un bilan du succès du parti à livrer la marchandise à Montréal ainsi que dans divers arrondissements et on discutera de la possibilité que le parti ne reste pas simplement au pouvoir mais demeure pertinent et à la hauteur des défis occasionnés par la crise climatique.