Co-construire la neuroscience, bien au-delà du cerveau

Présentation

Des doctorant·e·s et chercheur.es bien allumé.es racontent les coulisses d’une science qui se pratique autrement : en milieu hospitalier, en pratiques artistiques, avec ou sans l’IA, mais surtout avec les citoyens, les patients, et leurs familles. Crise de la reproductibilité, croisements disciplinaires et constructions sociales, ils partagent leurs méthodes, leurs doutes et leurs postures. Bref, ce cours est un coup de projecteur sur une science lucide et critique, sur une science vivante et citoyenne.

Professeur-e(s)

Anne MonnierAnne Monnier aime hacker les milieux institutionnels dans lesquels elle se situe. Elle a d’abord exercé comme ingénieure, créant des espaces de permaculture autour de centrales photovoltaïques en financement participatif, puis s’est infiltrée comme pédagogue de la transition écologique dans le milieu académique. Mais sa passion de toujours étant les neurosciences et la vulgarisation, elle est maintenant doctorante en sciences psychiatriques, étudie la conscience au niveau interpersonnel, et pratique une recherche participative directement avec la communauté autiste.
Guillaume DumasGuillaume est professeur en psychiatrie computationnelle à l'UdeM. Il explore les interactions sociales et la cognition pour repenser l’intelligence comme un phénomène fondamentalement relationnel. À la tête d’un laboratoire interdisciplinaire au CHU Sainte-Justine, il combine l’enregistrement de plusieurs cerveaux et les outils d’IA. Toujours partant pour prendre le micro et vulgariser ses savoirs scientifiques, il a même été invité à l’ONU et à l’UNESCO pour réfléchir aux enjeux éthiques de l’IA. Bref, il incarne une recherche engagée, critique, ouverte et résolument humaniste.
Adrien DuboisAdrien Dubois: Adrien est ingénieur de gestion de formation. Ennuyé de ses premières expériences en finance et en consultance, il se réoriente vers une maîtrise en intelligence artificielle et travaille dans l'aérospatial au Mexique. Il part ensuite en Suisse comme ingénieur de recherche dans un laboratoire de physique quantique. Après l’intelligence artificielle, il veut comprendre la nature et démarre un doctorat à l’université de Montréal en neurosciences computationnelles où il étudie actuellement les troubles neurodéveloppementaux à l'aide de grandes bases de données neuronales et génétiques.
Clara DallaireClara Dallaire: Ostéopathe de formation, Clara Dallaire a réorienté sa carrière vers l’éthique clinique, l’éducation médicale et le partenariat-patient, à partir de son propre parcours de vie avec la maladie. Elle est co-responsable du Bureau du partenariat patients-familles-communauté en recherche au Centre de recherche Azrieli du CHU Sainte-Justine. Candidate au doctorat en éthique clinique, elle s’intéresse principalement au curriculum caché en éducation médicale, à la sécurité pédagogique ainsi qu’au développement des approches collaboratives, en maintenant le partenariat patient au cœur de ses engagements.
Anaïs RourreAnais Rourre: Après une formation en psychologie à Paris, Anaïs s’est rendue en Belgique pour travailler sur une étude scientifique menée auprès de patients ayant vécu une expérience de mort imminente. Elle poursuit aujourd’hui sa quête de compréhension de l’être humain à Montréal où elle effectue une maîtrise en neuroscience auprès de patients dans le coma. Son objectif est de déterminer si le lien entre le patient et un de ses proches pourrait refléter une forme de conscience résiduelle, même en l’absence de comportements observables.
Joaquim StreicherJoaquim Streicher: Joaquim débute en 2024 un doctorat en neurosciences à l’Université de Montréal consacré aux états altérés de conscience et au développement d’outils diagnostiques pour les patients dans le coma. Fondateur de MONIC et lauréat d’une bourse DIALOGUE du FRQ, il œuvre également à rapprocher science et société par des projets de vulgarisation tels qu’un concours d’articles et des conférences grand public sur des thèmes émergents comme la conscience artificielle.
François LespinasseFrançois Lespinasse: François est doctorant à Concordia à la croisée des neurosciences computationnelles, de l’anthropologie des sciences et de la création artistique. Il explore les biais cognitifs et culturels des chercheurs de Montréal en IA et sur la conscience, en interrogeant leurs façons mêmes de produire ce savoir. Avec le collectif Kairos, Il conçoit aussi des ateliers immersifs pour les citoyens où l’IA générative devient un outil critique pour stimuler créativité, collaboration et réflexion épistémique. Son approche transdisciplinaire fait dialoguer science, art et pédagogie pour développer des esprits curieux, agiles et lucides.

Plan de session

Café Les Oubliettes, 6201, rue De Saint-Vallier

Fév 24

Traditions et mutations: peut-on croire en la neuroscience?

mardi, 19h, Café Les Oubliettes

« La neuroscience dit que… », mais que veut vraiment dire cette phrase ? D’où viennent les résultats que l’on voit partout ? Vous découvrirez pourquoi le renouvellement des pratiques de la recherche clinique est inévitable : étudier des humains tous différents, changer les pratiques avec l’IA, faire face à la crise de la reproductibilité, de biais et de robustesse des résultats. Des exemples de terrains d’une équipe de neuroscience illustreront ces transformations.

Séance donnée par Adrien Dubois et Guillaume Dumas.


Mar 3

Quand le patient devient la boussole du chercheur

mardi, 19h, Café Les Oubliettes

Produire de la science, oui, mais avec et pour les communautés concernées ! À partir d’exemples en autisme au CHU Sainte-Justine et auprès de patients dans le coma à l’hôpital du Sacré-Cœur, trois étudiantes montreront comment elles cherchent, avec humilité et humanité, à placer les familles et leur vécu au cœur de leurs travaux. Elles raconteront comment ce positionnement transforme l’ensemble du processus de recherche et, plus réflexivement, comment il rééquilibre les rapports entre chercheurs, soignants et patients, offrant une véritable boussole pour co-construire une science au service des communautés étudiées.

Séance donnée par Anne Monnier, Anaïs Rourre et Clara Dallaire.


Mar 10

Le dialogue citoyen, une urgence pour les sciences de la conscience

mardi, 19h, Café Les Oubliettes

La conscience est un concept complexe et évolutif, dont la définition varie selon les cultures, les contextes sociaux et les valeurs collectives. Elle ne relève pas uniquement de la biologie, mais soulève aussi d’importantes questions morales, éthiques et politiques, notamment dans le contexte du développement de l’IA. À partir des actions de l’initiative MONIC (association de vulgarisation) et des recherches scientifiques actuelles, cette séance mettra en lumière pourquoi il est essentiel de réfléchir collectivement à ce que nous entendons par « conscience ». Elle mettra en avant l’importance d’un dialogue ouvert entre chercheurs et citoyens, afin de rendre ces enjeux accessibles à tous et de favoriser une discussion démocratique éclairée sur des questions qui concernent l’ensemble de la société.

Séance donnée par Joaquim Streicher.


Mar 17

Parce qu’enquête scientifique rime avec performance artistique

mardi, 19h, Café Les Oubliettes

François, doctorant au parcours individualisé (anthropologie / neurosciences / computation), fait de la performance artistique un terrain ethnographique pour étudier les biais des chercheurs en neurosciences ! À travers une installation artistique bio-réactive qui utilise des signaux physiologiques en temps réel pour co-créer avec une IA des formes visuelles et sonores évolutives. Ce dispositif devient à la fois expérience artistique et outil critique pour observer les pratiques scientifiques, interroger nos rapports à la technologie et mettre au jour les a priori qui traversent les sciences de la conscience.

Séance donnée par François Lespinasse et Anne Monnier.