Cafés philosophiques. 10 ans, 10 discussions — saison 2

Présentation

Ce cours se veut une rétrospective bonifiée des 10 ans de l’UPop Montréal. Nous avons sélectionné un cours par année pour en faire un café philosophique dynamique. Pour l’occasion, nous aurons une personne qui viendra nous rappeler un enjeu majeur qu’elle avait développé dans le cours qu’elle a donné une année précédente. Cet enjeu, toujours d’actualité, sera le point de départ de notre discussion. Notre rencontre prendra la forme d’une discussion à visée philosophique. La saison 2 reviendra sur la période de 2015 à 2019.

La discussion à visée philosophique
Il s’agit d’avancer ensemble sur une question importante posée (rapport de sens), et non d’avoir raison de l’autre (rapport de force) ; de chercher avec et non de lutter contre.

Objectif
Nous sommes convaincus de l’importance de la discussion philosophique. Celle-ci nous aide à élargir le champ des possibles par l’interaction que nous avons avec les autres. La discussion oblige à formuler clairement une pensée, à structurer des idées pour les rendre intelligibles aux autres. Ainsi, la discussion à visée philosophique doit permettre de nous émanciper des craintes que nous avons à nous exprimer tout en nous libérant de nos préjugés et des dogmes qui nous emprisonnent.
Cette discussion permet de problématiser des situations ou des questions, de conceptualiser (c’est-à-dire de définir, de mettre en relation et de réfléchir sur des concepts clés) et d’argumenter constructivement. Elle nous permet encore de réviser nos positions à la lumière de ce qu’apportent les autres pour construire notre pensée.
Nous visons à collaborer tous ensemble pour apprendre avec les uns et les autres. En effet, la discussion que nous proposons n’est pas un débat où il faudrait déterminer un gagnant ou un perdant. L’objectif demeure plutôt de travailler de concert pour toutes et tous apprendre quelque chose.
Chaque séance dure 2 heures, incluant un temps d’explication des règles du jeu (10 min), une présentation de la question de départ par l’invité (15 min), une discussion autour de l’enjeu proposé avec une série de rôles qui seront attribués aux participants (reformulateur.rice, synthétiseur.se, scribes, journalistes, observateurs.rices, – 1 h 15) puis un temps de synthèse et de retour sur les échanges qui auront eu lieu (20 min).

Cafés philosophiques imaginés par Frédéric Legris

Professeur-e(s)

Frederic LegrisFrédéric Legris est un passionné qui aime mettre sur pied des projets. Il a fondé La nuit de la philosophie et Upop Montréal. Il enseigne la philosophie au Cégep depuis plus de 10 ans. Dans ce contexte, il a, entre autres, créé un Cours-voyage de philosophie en France et un projet de Coenseignement. En 2014, il obtient la mention d’honneur de l’AQPC (Association québécoise de pédagogie au collégial) pour son travail au Cégep. Comme professeur à l’UPop, il a donné les cours Les philosophes contre-attaquent (en collaboration avec Alexandre Comeau) à l’automne 2011, La grande culture des p’tits bonshommes (en collaboration avec Jean-Philippe Beaudin) à l’hiver 2014 et le Groupe de lecture de l’UPop à l’automne 2015.
Yves-Marie AbrahamYves-Marie Abraham est professeur à HEC Montréal, où il enseigne la sociologie de l’économie et mène des recherches sur le thème de la décroissance. Il a codirigé Décroissance versus développement durable (avec Hervé Philippe et Louis Marion, 2011) et Creuser jusqu’où ? (avec David Murray, 2015). Il vient de publier chez Écosociété Guérir du mal de l’infini, une synthèse personnelle sur la décroissance. Il est par ailleurs responsable de la spécialisation en gestion de l’innovation sociale à la M.Sc de HEC Montréal.
Adeline GadzinskiDocteure en Immunologie, chercheuse à C3i (Centre de commercialisation de l’immunothérapie du cancer) au sein de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont de Montréal.
Yves TerratDocteur en Biodiversité, chercheur à l’Université de Montréal dans l’équipe de Génomique microbienne évolutive.
Ambre FourrierBachelière en sciences politiques (UdeM), Ambre Fourrier est également titulaire d’une maîtrise en gestion de l’innovation sociale (HEC Montréal). Son mémoire a été publié en 2019 par les éditions Écosociété sous le titre : Le revenu de base en question. De l’impôt négatif au revenu de transition.  Après avoir travaillé dans un organisme communautaire : Vie Autonome Montréal, dont la mission est de viser l’autonomie et l’inclusion des personnes en situation de handicap, elle a décidé de poursuivre ses études au doctorat en sociologie à l'UQAM. Elle souhaite y poursuivre ses réflexions sur l'articulation « travail » et « décroissance ».  À temps partiel, elle est enseignante en Francisation, activité qu'elle affectionne tout particulièrement.  
Marie-Ève MailléDepuis quatorze ans, Marie-Ève Maillé a développé une expertise en évaluation des impacts sociaux et de l’acceptabilité sociale des grands projets de développement. Elle accompagne des groupes et des communautés dans les processus de consultation publique et dans diverses démarches de concertation avec comme objectif de renforcer les capacités d’action des collectivités. Elle est médiatrice accréditée par l’Institut de médiation et d’arbitrage du Québec (IMAQ) et professeure associée au CINBIOSE, Centre de recherche interdisciplinaire sur le bien-être, la santé, la société et l’environnement, à l’UQAM. Elle a publié « Acceptabilité sociale : sans oui, c’est non » (2017) et « L’affaire Maillé » (2018) chez Écosociété.  
Camille RobertCamille Robert est doctorante et chargée de cours en histoire à l’UQAM. Ses recherches portent sur le travail de reproduction sociale réalisé par les femmes, dans une perspective historique. Elle a publié « Toutes les femmes sont d’abord ménagères » (Somme toute, 2017) et « Travail invisible. Portraits d’une lutte féministe inachevée » (Remue-ménage, 2018), qu’elle a codirigé avec Louise Toupin.

Plan de session

Au café Les Oubliettes, 6201, rue De Saint-Vallier, Montréal.

févr. 26

La décroissance et ses critiques

mercredi, 19h, Café Les Oubliettes

Invité : Yves-Marie Abraham

Retour sur le cours proposé en 2015 : « Contre l’austérité, la décroissance ! »  

Le discours « décroissanciste » est jugé trop négatif et pessimiste par les partisans de la « transition écologique », mais bien trop optimiste par les « collapsologues », qui considèrent que nos sociétés vont s’effondrer prochainement. Comment les « objecteurs de croissance » se positionnent-ils par rapport à ces critiques et quels sont les principaux enjeux des débats actuels entre ces différentes perspectives concernant la suite du monde ? Telles seront les questions abordées dans cette séance, dont l’objectif sera essentiellement de préciser et clarifier ce qu’est la « décroissance soutenable », à la suite des deux précédents cours offerts sur ce thème à l’Upop Montréal.


mars 11

Les rapports complexes entre biologie et société

mercredi, 19h, Café Les Oubliettes

Invité.es : Adeline Gadzinski et Yves Terrat

Retour sur le cours proposé en 2016 : « Comment fonctionne le vivant »

Lors des deux cycles de conférence intitulés « Comment fonctionne le vivant ? » et « Biologie et Société », nous avions tenté de décrire l’histoire évolutive du monde vivant et son fonctionnement, mais nous avions aussi discuté la manière dont les théories et les connaissances scientifiques en biologie ont été transposées dans les sociétés occidentales, pour le meilleur et parfois pour le pire.

Pour ce café philosophique, nous aimerions d’abord vous présenter brièvement les toutes dernières technologies disponibles dans les sciences biologiques (séquençage, modification de l’ADN humain avec la technologie CRISPR, etc.) et leurs applications présentes et à venir dans notre quotidien.

Nous souhaiterions ensuite discuter des déclarations inquiétantes des responsables politiques issus des courants populistes à travers le monde, qui se revendiquent Darwiniens et qui résument à tort le mécanisme de sélection naturelle par la phrase bien connue « La survie du plus apte ». Ce darwinisme social pénètre encore aujourd’hui notre quotidien et laisse planer sur nous la menace eugéniste.

C’est à partir de ces brèves mises au point scientifiques et historique que nous souhaiterions débattre avec vous des enjeux éthiques entre les sciences biologiques et notre société.

 


mars 25

Que penser du revenu de base ?

mercredi, 19h, Café Les Oubliettes

Invitée : Ambre Fourrier

Retour sur le cours proposé en 2017 : « Vers un monde post-croissance. Stratégies de sortie du capitalisme »  

Après avoir soulevé les différents enjeux politiques suscités par l’idée d’instaurer un « revenu de base » c’est-à-dire « un montant d’argent distribué à l’ensemble d’une communauté politique, sur une base individuelle, sans contrôle de ressources ni exigences de contreparties » et démontrer qu’il y a derrière cette idée, non pas une, mais une multitude de propositions possibles, nous explorerons davantage la proposition faite par le mouvement de la décroissance, nommée la Dotation inconditionnelle d’autonomie (Utopia,2013).


avril 8

L’acceptabilité sociale : levier ou frein à la capacité citoyenne d’agir ?

mercredi, 19h, Café Les Oubliettes

Invitée : Marie-Ève Maillé

Retour sur le cours proposé en 2018 : « L’acceptabilité sociale : levier ou frein à la capacité citoyenne d’agir ? »

Depuis une quinzaine d’années, l’acceptabilité sociale s’est imposée dans les débats sociaux et politiques entourant les grands projets de développement, du Plan Nord à Énergie Est, en passant par l’éolien et le gaz de schiste. Elle serait même devenue une condition à l’autorisation des projets, selon certains décideurs. Mais qu’est-ce que l’acceptabilité sociale, au juste ? Est-ce un levier pour une meilleure participation des citoyens à la décision publique ? S’agit-il d’une nouvelle stratégie de l’industrie pour fracturer le social afin de mieux l’exploiter ?

Réfléchir à l’acceptabilité sociale, c’est poser son regard sur les mobilisations et les préoccupations citoyennes en lien avec les projets de développement. C’est chercher à en exposer les nuances pour quitter la caricature et entreprendre un réel et nécessaire dialogue social.

Réfléchir à l’acceptabilité sociale, c’est poser son regard sur les mobilisations et les préoccupations citoyennes en lien avec les projets de développement. C’est chercher à en exposer les nuances pour quitter la caricature et entreprendre un réel et nécessaire dialogue social.


avril 22

Le travail invisible : un enjeu transversal de luttes

mercredi, 19h, Café Les Oubliettes

Invitée : Camille Robert

Retour sur le cours proposé en 2019 :  « Le travail invisible : un enjeu transversal de luttes »

Malgré le fait que les femmes ont massivement intégré le marché de l’emploi, le travail dit invisible, majoritairement effectué par celles-ci, n’a fait que croître et se complexifier. En plus du strict travail ménager, il se présente sous de multiples visages : la charge mentale de l’organisation familiale, travail invisible d’intégration des femmes immigrantes, le travail des proches aidantes, celui des aides familiales venues d’ailleurs, des femmes autochtones et racisées, des étudiantes stagiaires, ou encore des travailleuses du sexe. Comment se décline aujourd’hui l’enjeu du travail invisible dans différents milieux, et où en sont les revendications pour faire reconnaître ce travail et le sortir de l’ombre ? En s’appuyant sur les réflexions issues d’un livre sur le sujet, Travail invisible. Portraits d’une lutte féministe inachevée (Remue-ménage, 2018), cette séance vise à présenter brièvement quelques aspects de l’invisibilité du travail aujourd’hui et à proposer des pistes de réflexion et d’action afin de favoriser sa reconnaissance.