Pour le plaisir de lire sur nous, voici un article paru dans Le Devoir du mercredi, 15 septembre écrit par Amélie Daoust-Boisvert. Vous pouvez lire l’original ici.
—–
Amélie Daoust-Boisvert
Les quelques 8000 orphelins de La nuit de la , qui tirait sa révérence en 2009, peuvent se réjouir. Les créateurs du défunt happening philosophique lancent ce soir, à la galerie L’Espace contemporain, l’UPop Montréal, une université populaire qui s’éclatera à l’année.
Des cours libres, et gratuits, « juste pour le plaisir de la chose », explique Frédéric Legris, membre fondateur de l’UPop et ancien de La nuit de la philo. Lancez par-dessus bord demande d’admission, inscription, facture… et diplôme. En fait, même le substantif « université » fout le camp, réservé qu’il est par Québec aux établissements officiels.
Le septième art sous toutes ses coutures au Café de la Cinémathèque, l’économie de Marx au capitalisme au Bar Populaire, les dynamiques du désir dans un centre des loisirs, la démocratie dans une galerie d’art et la philo du hockey à la Grande Bibliothèque… Les profs bénévoles seront partout, sauf à l’école.
« J’ai l’impression que beaucoup de gens ont envie de ça, dit Frédéric Legris, sans avoir de contraintes institutionnelles, d’entrer dans un programme, de faire des [cours] préalables. »
Les organisateurs, également issus de la défunte initiative militante UPAM (Universités populaires à Montréal), se sont inspirés en Europe, retenant surtout le concept développé avec succès par le philosophe Michel Onfray avec son Université populaire de Caen.
Christian Boissinot, codirecteur du collectif La vraie dureté du mental, complètera par exemple une saison de cinq matchs où son regard se portera sur la construction de l’identité québécoise autour de la Sainte Flanelle ou la rémunération — Scott Gomez gagne-t-il trop cher? — des joueurs, invités à l’appui.
« Si l’auditoire n’aime pas, il ne reviendra pas au deuxième cours. Il peut même partir dans ta face après 20 minutes »: Frédéric Legris d’attend à un tout autre public que les cégépiens qu’il côtoie comme enseignant à Saint-Jean-sur-Richelieu. Il sera lui-même… dans l’auditoire.
Alors que La nuit de la philo prenait la forme « d’une explosion de feux d’artifices, on pourra aller plus en profondeur », compare-t-il. Et échanger au fil des séances qui, dès janvier, sortiront même des sciences humaines pour fouler le monde des sciences naturelles avec une série de cours sur le cerveau.