Histoires, luttes et paroles de femmes autochtones

Présentation

Professeur-e(s)

Emmanuelle Walter
Emilie PaquinÉmilie Paquin est consultante en édition numérique. Elle s’intéresse à la transmission des connaissances, à la circulation du savoir et aux initiatives citoyennes qui soutiennent l’émancipation des individus aussi bien que des collectivités.

Plan de session

Cours donné au Bar A, 213 Rachel Est, Montréal, 19h

sept. 23

Histoire revisitée du colonialisme : les dispositions sexistes de la Loi sur les Indiens

Les effets de la Loi sur les Indiens, mise en place au 19e siècle pour régler le « problème indien », sont de plus en plus connus du grand public – on peut penser ici à l’histoire des pensionnats documentée par la Commission Vérité et Réconciliation. Or, si on parle souvent du caractère raciste de cette loi, on en dénonce moins souvent les dispositions sexistes. De la politique de métissage en Nouvelle-France au projet de loi C-31 de 1985, en passant par l’exclusion des femmes mariées à des non Indiens en 1951, nous aborderons les grands jalons de cette politique, qui continue d’avoir des effets jusqu’à aujourd’hui.

» Avec la participation de Aude Maltais-Landry


sept. 30

Histoire des pensionnats autochtones et de ses suites

La commission Vérité et Réconciliation du Canada sur les pensionnats indiens a remis ses conclusions en juin 2015 après plus de 7 ans de travaux et de collections de témoignages de survivants des pensionnats. Plus de 150 000 enfants ont fréquenté les pensionnats au cours du 20ème siècle, entre 4 et 18 ans. Plus de 6000 morts répertoriés. Un véritable « génocide culturel » où l’objectif était de « tuer l’indien dans l’enfant ». Mais que sait-on vraiment de ces pensionnats? des conditions de vie des enfants? de leurs rapports avec leurs parents et leur nation lors de leur retour dans leur communautés? et surtout comment les pensionnats s’inséraient dans une politique plus large d’assimilation et de colonisation pour faire du Canada, enfin, un pays sans « problème indien ».

» Avec la participation de Aurélie Arnaud


oct. 7

Enjeux, spécificité et état des lieux du féminisme autochtone aujourd’hui

L’opposition entre préserver les cultures traditionnelles dans un contexte de colonisation et d’injustices historiques et questionner les rapports de genre pour améliorer les conditions de vie des femmes autochtones est au cœur des préoccupations des intellectuelles et féministes autochtones. D’où vient cette opposition et est-elle insurmontable? C’est ce que nous nous demanderons en revenant sur les positions de figures importantes du féminisme autochtone d’aujourd’hui, Joyce Green, Emma Larocque et Fay Blaney notamment, qui affirment qu’un féminisme autochtone est pertinent sinon nécessaire pour l’avenir des nations autochtones du Canada.

» Avec la participation de Annie O’Bom


oct. 14

Meurtres et disparitions de femmes autochtones au Canada

Elles font la une des journaux, mais trop peu et trop tard. Un rapport de la GRC publié au printemps 2014 dévoile qu’au Québec, les femmes autochtones ont 2.6 fois plus de chance d’être victimes d’homicide que les femmes non-autochtones. Cette disproportion statistique ne se comprend pas sans un retour sur l’histoire coloniale de l’Amérique de Nord et sur l’influence encore très forte qu’elle exerce toujours. Regard sur le sort réservé aux femmes autochtones assassinées, oubliées de la société, des médias et des dirigeants, et propositions d’actions pour infléchir durablement ces statistiques désolantes

» Avec la participation de Alana Boileau


oct. 21

Le mouvement Idle no more

Présentation du mouvement citoyen de revendication Idle no more. Origine, impacts et avenir du mouvement.

» Avec la participation de Widia Larivière et Mélissa Mollen Dupuis


déc. 31

Poésie et militantisme par la prise de parole : récital et discussion avec Natasha Kanapé Fontaine

La Poétique de la parole se développe au fur et à mesure des rencontres et des voyages que parvient à faire Natasha Kanapé Fontaine, Innu originaire de Pessamit. Devenue poète et militante en 2012, forgée par des événements tels que les blocus sur la route 138 par des femmes Innues de la Côte-Nord, sa propre quête identitaire dans les arts visuels et le mouvement Idle No More, la jeune femme est devenue au fil du temps une femme de parole. Ayant comme outil le slam et la poésie, elle est vite publiée par la maison d’éditions Mémoire d’encrier, fondée par le poète haïtien Rodney Saint-Éloi (deux recueils de poèmes salués par la critique), ce qui fera croître ses visites dans de nombreuses villes et communautés de partout au Québec. Son parcours invraisemblable est tel qu’à 24 ans, la jeune poétesse a traversé le Québec du Nord au Sud, le Canada et six autres pays (en 10 mois!) pour y lire ses poèmes, porter ses idées ainsi que ses réflexions sur les peuples des Premières Nations du Canada et d’Amérique du Nord. Elle a développé dans une résidence d’écriture en avril 2015 la notion philosophique de la Poétique de la Relation au Territoire, inspirée par Édouard Glissant, poète martiniquais et Taiaiake Alfred, penseur et professeur Mohawk à l’Université de Victoria. Au cours Upop, Natasha Kanapé Fontaine vient partager sa poésie, ses slams, ses expériences ainsi que ses ambitions en tant que femme autochtone contemporaine.

» Avec la participation de Natasha Kanapé Fontaine