Vérité et mensonge

Présentation de l'activité

Les enchères d’œuvres d’art de New-York, Paris ou Londres attirent les milliardaires de la planète qui s’approprient des Van Gogh, Monet, Picasso, Klimt, Mallevitch, à des prix exorbitants, non concurrentiels pour les Musées publics. Ce rapport mystérieux qu’entretiennent  l’art et l’or provoque une réflexion critique sur l’évolution du système des arts en régime démocratique. Pourquoi cette production symbolique destinée à la contemplation esthétique génère-t-elle autant de vols, de faux, de recel et de spoliation?

Séances animées par...

Irène Durand

Après des études à l’École des Beaux-arts de Montréal et l’obtention d’un baccalauréat en histoire de l’art à l’UQAM suivi d’une maîtrise en sociologie de la culture à l’UQAM, Irène Durand s’est consacrée à sa pratique artistique à Rimouski ainsi qu’à l’enseignement des arts visuels et de l’histoire de l’art au Cégep de Rimouski, durant 25 années.

Depuis son retour à Montréal, elle oriente ses recherches théoriques et plastiques vers l’étude du système des arts et du marché international des œuvres d’art. En tant que peintre et performeuse elle se définit comme « fausse faussaire» et elle utilise ses tableaux comme matériel pédagogique. Sur You Tube on peut voir les tableaux exposés à la Maison de la culture de Pointe-aux-Trembles lors l’exposition Qui dit faux ? en 2009.

Séance 1: 14 avril 2011

L’émergence de l’artiste libre: le cas Van Gogh

Suite à la Révolution française, l’idéal de liberté déferle en Europe. Dans ce contexte, l’idéologie religieuse et l’art académique prennent du recul. Une nouvelle élite qui valorise la singularité est née. Toutefois trop d’artistes libres et bohèmes, non reconnus au Salon officiel de 1863 s’avèrent socialement problématique. C’est alors que Napoléon III eut l’idée de créer le Salon des Refusés. L’idéologie démocratique participera à l’émergence de « l’artiste maudit » dont Vincent Van Gogh est l’une des figures emblématiques avec son ami Gauguin. Ironie de l’histoire, Van Gogh deviendra une tête d’affiche au XXe siècle et star du marché international des œuvres d’art avec son Portrait du Dr.Gachet vendu 82 millions de dollars américains à l’enchère de Christie’s à New-York en 1998. Ce chiffre indique clairement que le libéralisme économique a transformé l’œuvre d’art en marchandise.

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Séance 2: 28 avril 2011

Le mythe Picasso et le marché international de l’art

À partir du XIXe siècle et jusqu’à la 2e guerre mondiale, Paris fut la capitale des arts. La ville-lumière attirait alors les américains, friands des nouveautés et collectionneurs des œuvres de « l’avant-garde ». C’est dans ce contexte que l’espagnol Pablo Picasso, créateur du cubisme avec Braque, vint s’installer à Paris. Très jeune, Picasso deviendra l’icône le plus représentatif de la peinture moderne. Talentueux, chanceux et aimant l’argent, Picasso sera reconnu et vendu très cher de son vivant. Son génie plastique et financier fera la fortune des collectionneurs, des marchands et des héritiers. Le moindre croquis de Picasso prendra une valeur mythique qui explique le vol, la production de faux et le recel de ses œuvres. Les marchands de Picasso ont eu du flair. En 2004 la toile Le jeune homme à la pipe fut vendu 104 millions de dollars américains chez Sotheby’s à New-York. Cet événement boursier permet de se questionner sur la notion de valeur et sur le rapport entre l’or et l’art.

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Séance 3: 12 mai 2011

Fauvisme, dadaïsme, cubisme, expressionnisme… ou «l’art dégénéré» ?

Le XXe siècle débuta avec de nouveaux mouvements artistiques qui se succédaient l’un après l’autre. Hélas la guerre de 1914-18 faisait aussi partie du décor social. Ainsi la violence de la couleur, le sentiment de la vitesse, la déconstruction des perspectives classiques, le nihilisme, la critique sociale, l’autodérision, l’expression de l’émotion et de l’inconscient s’affichèrent comme jamais dans la peinture. Les nouveaux mouvements artistiques s’articulaient autour de Manifestes qui cherchaient à expliquer la nouvelle conscience des artistes. Une brève description de ces mouvements permettra d’en dégager des caractéristiques afin de chercher à comprendre pourquoi plusieurs œuvres issues de ces mouvements furent présentées à l’exposition d’art dégénéré à Munich en 1937. Cette exposition annonçait une politique d’épuration et d’extermination plus globale. Ironie de l’histoire, le concept d’art dégénéré fut développé au XIXe siècle par Max Nordeau d’origine juive.

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Séance 4: 26 mai 2011

Spoliation et restitution de tableaux: Klimt et Mallevitch

Les œuvres d’art font partie du butin de guerre depuis la nuit des temps. Pillage, confiscation et spoliation des productions artistiques demeurent un sujet tabou, sinon il faudrait vider les plus grands Musées du monde d’une partie de leurs œuvres. Au XXe siècle de nombreuses œuvres d’art ont fait l’objet de procès de la part des héritiers afin de reprendre les œuvres qui leur appartenaient alors qu’ils en furent spoliés sous le régime nazi installé à Paris, capitale du marché de l’art, durant la guerre de 1939-45. Aujourd’hui, deux cas retiennent l’attention sur le marché international des œuvres d’art. La restitution du portrait de Adèle Bloch Bauer peint par Gustav Klimt et acheté pour $135 millions par le milliardaire Ronald Lauder en juin 2006, lors d'une vente privée pour la Neue Galery de New-York. L’autre événement plus récent c’est la vente à l’enchère de Sotheby’s pour près de 60 millions de dollars du tableau de Kasimir Mallevitch Composition suprématiste. Ces deux exemples permettent de se questionner sur l’omerta du système de l’art et ses fidèles institutions.

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